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A la "bonheur" au travail !



Il fût un temps où arriver à l'heure suffisait, mais cela date d'un ancien temps. Aujourd'hui, il est important de nager en plein bonheur en franchissant le pas de porte de son entreprise et le "chef du bonheur" ou Chief Happiness Officer peut nous y aider. Étonnant, cette création extrinsèque de bonheur, moi qui ai toujours rangé ledit bonheur dans la case Développement PERSONNEL - intrinsèque à la personne". Ce n'est pas tant l'intention - que je trouve positive et louable - qui m'interpelle, que le terme employé de "chef du bonheur". Qui d'autre que nous pourrait être "chef" de notre bonheur ?


Sourire dès l'entrée dans l'entreprise. Tel est l'un des résultats promis aux salariés par le Chef du bonheur. Alors tout y passe, la déco, les couleurs, les activités ludiques (ping pong, billard, gym etc...),les moments de convivialités, déjeuners ou barbecue, l'ergonomie des sièges, les risques psychosociaux etc. Ceci est utile et bien pensé à partir du moment où cela n'est pas un pansement sur une plaie béante...nous sommes bien d'accord !

Frédéric Lenoir nous partageait à Paris, au mois de Mai, lors d'une de ses conférences sur la joie, qu'à la suite d'une étude réalisée dans 50 pays, 3 composantes sont nécessaires pour parler de bonheur profond et durable : 


  1. L'amour, pour développer la relation aux autres

  2. Une activité que l'on aime (= avoir réussi à identifier ce pourquoi je suis fait)

  3. La santé 

Dans ma clientèle de coaching, que ce soit en entreprise, au cabinet, ou encore au cœur de mes stages de formation en gestion du stress, je rencontre de nombreuses personnes qui n'ont pas appris à s'aimer, ou à se valoriser à leur "juste" valeur. Il est donc parfois difficile, notamment dans ce cas là, de parler de bonheur. D'autres clients ou clientes n'aiment pas du tout leur travail ou la façon dont elles le font. Cela est parfois vécu comme un écartèlement par rapport à leurs valeurs, au point que le point numéro 3 de la liste susvisée finit par être lui aussi abîmé... Aussi, cela peut paraître intéressant de considérer le bonheur au travail à travers ce nouveau métier. Tout en continuant d'encourager les dirigeants et managers à travailler sur soi en profondeur, à trouver le sens de leur mission (même s'ils sont dans une pleine réussite extérieure, elle est parfois loin d'être ainsi vécue à l'intérieur) et à gérer leur stress. Ainsi, dès lors qu'ils incarnent le bonheur et la joie au travail, qu'ils ont pu mesurer la nécessité d'un changement intérieur profond, ils ne considèrent plus les choses de la même manière. La performance professionnelle passe par la conscience de Soi, de son bien-être et par l'émergence de ses potentiels.

A ce sujet, j'ai eu le grand plaisir d'entendre Jean Bernard Rivaton, Président d'Exhibit Group, ayant opté pour un management libérant au sein de son entreprise depuis 1 an et demi, et qui a déclaré : 

"Aucun changement de paradigme ne peut réellement se produire dans une entreprise, si son leader ne s'est pas développé lui même d'abord".
A la "bonheur" !

En effet, selon lui, le travail doit démarrer par le leader et s'étendre à son équipe dirigeante avant d'inclure le restant des équipes. Aussi, il est toujours étonnant d'entendre des personnes parler de bonheur au travail, de gestion du stress tout en étant elles-mêmes sous pression.


Enfin et pour mémoire, nos cerveaux sont faits de plusieurs zones, dont - entre autres - une zone du "conscient" et une autre pour "l'insconscient". Se permettre, s'autoriser et s'offrir un temps de questionnement sur ses désirs profonds inconscients permet d'accéder à un bonheur profond et durable qui donne envie d'aller partager quelques bons moments avec ses collègues. Il nous suffit peut être de "panser" différemment le bonheur au travail ? 

Par Sonia Daniellou, coach PCC - Fondatrice Harmonie RH, Coach certifiée individuel & équipes, facilitatrice de groupes.

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© Harmonie RH par Sonia Daniellou